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LE PARIS FUNÉRAIRE AU 19 ÈME SIÈCLE

L’Eglise catholique de France s’est impliquée dès le Moyen-Age dans l’ensemble des pratiques et rites funéraires. Elle a transformé les mentalités et les comportements des populations à toutes les étapes de la vie, particulièrement en matière funéraire. L’Eglise possédait la majorité des cimetières. Elle influe de plus en plus sur les rites funéraires et introduit par exemple le rituel de deuil et la messe du 40 ème jour. Les églises deviennent les scènes des obsèques et des cérémonies funéraires. Le mouvement culmine au XIXème siècle : sans l’Eglise, point de salut.

Cimetière des Innocents au XVIIIème siècle à Paris

Au début du 19 ème siècle, la France sort à peine de la féodalité après la Révolution Française et les schémas traditionnels demeurent : la mort est partout. Le culte des morts reste fort. Les lieux d’inhumation reproduisent l’organisation sociale rigide.

Le XIXème siècle est le théâtre de profondes mutations sociétales en France.

Progressivement l’emprise de l’Eglise sur les rites funéraires s’effrite. Des pratiques funéraires plus libérales apparaissent. Différentes dispositions légales interdisent l’inhumation de personnes défuntes au sein des églises L’idée selon laquelle les cimetières devraient être à l’extérieur des cités gagne du terrain.

Les fosses individuelles remplacent l’ancienne pratique qui consistait à mettre tous les pauvres et les indigents dans des fosses communes. Les législateurs du Directoire sous la Révolution décident que le respect et la considération sont dus aux disparus quel que soit leur classe sociale.

Le transport en char se diffuse. Les indigents décédés sont obligatoirement mis dans un cercueil ou entourés d’un linceul l’inhumation. Dès le début du siècle, il est possible pour les collectivités ou les familles d’acquérir des concessions contre paiement. Ces concessions pouvaient être acquises indéfiniment ou de façon temporaire. Peu à peu, on va assister à un glissement du rite funéraire religieux ou chrétien vers des cérémonies « civiles ».

Une fois sorti du giron « religieux », les cimetières parisiens tombent dans la sphère communale, donc publique. On souhaite donner aux cimetières un autre visage, adapté aux mutations de la société.
Les cimetières devenus ainsi « publiques », vont vite devenir des lieux d’expression de la créativité, de l’innovation et de l’ingéniosité de la population parisienne. Les collectivités locales de l’époque vont demander le concours de spécialistes, voire d’architectes pour donner faire évoluer ces lieux où reposent les morts. Le funéraire devient un art qui s’exprime de façon multiforme. On n’a plus peur de désigner et représenter la mort.
Les courants de pensée et artistiques de l’époque, tel le romantisme, entrent dans la danse. De nouveaux lieux dédiés à recevoir le corps des défunts voient le jour. On peut valablement évoquer les cas des cimetières de Père Lachaise (1804), Montmartre (1806) et Montparnasse (1840).

Cimetière de Montparnasse

Le cimetière du Père Lachaise à Paris est indéniablement celui qui reflète le plus l’évolution de l’art funéraire. Boycotté à son ouverture, il faut attendre que les dépouilles de personnages célèbres (Molière, Jean de la Fontaine…) y soient transférées pour que ce cimetière trouve grâce auprès des citoyens.
Le Père Lachaise est devenu mythique et affiche aujourd’hui une superficie de 44 hectares et comprend un total de plus de 70 000 concessions funéraires. Il regroupe une large gamme de créations architecturales intégrant divers styles (gothique, haussmannien, antique et autres). Le cimetière du Père Lachaise devient peu à peu un lieu d’expression du gout architectural et artistique de l’époque. Il comprend également un ensemble crématorium- colombarium de style byzantin. On visite les tombes de personnages célèbres et on s’y ballade.

Cimetière du Père Lachaise

Quelle place pour les pompes funèbres dans l’organisation des funérailles au XIXème siècle ? Le commerce par les pompes funèbres né au XIVème siècle avec la fourniture des objets funéraires aux familles par les marchands de vin (pinardiers). Organisées ensuite en confrérie, les pompes funèbres se chargent par la suite de la location de vêtements et de tissus de deuil. En pratique, elles ont le monopole sur les fournitures funéraires et l’organisation des obsèques avant le XIXème siècle.

Le XIXème siècle rebat les cartes. On arrive progressivement à un mode de gestion tripartite de la chose funéraire. Les cérémonies sont à la fois organisées par l’administration religieuse par l’intermédiaire des fabriques (établissement public du culte catholique), les collectivités locales et le secteur privé. Des pompes funèbres nées à cette époque-là continuent à officier aujourd’hui ! Il s’agit entre autres des Pompes Funèbres Générales (PFG) créée en 1844 par Ferdinand Langlé ou la Maison Henri de Borniol fondée en 1820 à Paris.

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