Visit Homepage
Aller le contenu

LES OBSÈQUES BOUDDHISTES

Comment organiser des obsèques bouddhistes ? Il faut savoir que le bouddhisme conçoit la mort de manière très différente des religions occidentales. Et, alors qu’aujourd’hui il s’agit de la quatrième religion en France, il est bon, pour le conseiller funéraire, de s’informer sur ses rites pour être en mesure d’accompagner les familles.

Conception de la mort

Le bouddhisme a une approche de la mort qui diffère radicalement des religions d’Occident, avec notamment un aspect quelque peu philosophique. En France, il n’y a pas de tradition bouddhique, mais c’est une religion qui se répand progressivement en Occident. C’est désormais la quatrième religion en France, avec plus de 800.000 pratiquants revendiqués par l’Union bouddhiste de France (UBF), même si en réalité ils doivent plutôt tourner autour des 600.000 pratiquants. La majorité de ces pratiquants vient d’Asie, mais on estime à 150.000 le nombre de Français convertis. Notez toutefois que ces chiffres ne sont pas tout à fait récents et qu’ils pourraient donc avoir augmenté. Enfin, 70% de ces pratiquants français suivent le bouddhisme tibétain, qui ne concerne pourtant que 3% des bouddhistes dans le monde.

Les bouddhistes conçoivent un processus de la mort en trois étapes : l’agonie, le positionnement du corps et l’enterrement. Le bouddhisme croit à la réincarnation, ou plus exactement à la « renaissance », même si le terme de réincarnation, quoique inexact, est mieux compris et plus généralement utilisé. L’idée est en fait celle d’une continuité : la mort n’est pas une rupture, mais un simple épisode d’un long cycle de transformations. Le processus de renaissance se répète jusqu’à ce que l’esprit, débarrassé de son ignorance et de son avidité, soit à même d’atteindre le Nirvana. Lors de sa mort, la personne perd le contrôle de ses pensées, et son esprit est traversé par des images mentales : des souvenirs de ses actions, des silhouettes, des visions, etc. Lorsque le corps se décompose, ces images sont libérées sous forme d’une énergie mentale qui va alors se réincarner. La renaissance est influencée par le « karma » de la personne décédée, c’est-à-dire la façon dont elle a pensé et agi durant son existence. Dès lors, il est important que la personne en train de mourir soit accompagnée par ses proches et qu’on lui rappelle ses bonnes actions durant l’agonie. Le bouddhisme insiste ainsi sur cet accompagnement de l’agonisant, qui doit être dans une situation de quiétude pour une renaissance appropriée. Ainsi, durant ses derniers moments, la famille ne doit pas pleurer ni montrer son chagrin mais être à l’écoute de son proche.

Les rituels des obsèques bouddhistes

Les obsèques bouddhistes s’organisent principalement autour de prières. Il faut également savoir que le bouddhisme se compose de nombreuses écoles et que les rituels vont naturellement varier de l’une à l’autre, même si les grandes lignes se retrouvent dans toutes ces mouvances.

Après le dernier souffle du défunt, des prières vont invoquer l’aide de Bouddha, et la famille effectue des rituels de purification. Il est préférable de ne pas manipuler le corps juste après la mort, parce qu’il s’agit du moment où la conscience quitte le corps, un processus qui peut prendre de plusieurs heures à quelques jours. S’il faut absolument déplacer le corps, il faut au préalable lui manipuler la tête pour permettre à sa conscience de s’échapper. Pendant le laps de temps où le corps n’est pas manipulé, les moines et les pratiquants effectuent les prières de purification et des prières-guides.

Lors de la préparation des funérailles, les rites dépendent beaucoup. Certaines mouvances bouddhistes effectuent un bain du corps avant de le préparer avec des rituels consistant par exemple à placer une pièce d’argent dans la bouche du défunt ou étaler de la cire sur son visage. En France, on se contente généralement de la thanatopraxie classique. En effet, celle-ci est autorisée, de même que le don d’organes et celui du corps. Les soins de conservation vont néanmoins insister sur le positionnement du corps. Ce dernier est disposé comme celui de Bouddha à sa mort : dans la position dite du « lion couché », c’est-à-dire sur le côté droit, avec la main gauche sur la cuisse et la droite sous la joue.

Après le décès, la famille veille le mort en s’accompagnant de prières et de textes sacrés. Puis il est temps de passer aux funérailles en soi : parce que Bouddha a été incinéré, les obsèques bouddhistes recourent généralement à la crémation. Il n’y a cependant aucune indication contre une éventuelle inhumation. Vont avoir lieu un rituel spécifique de purification et des rituels d’offrandes. En ce qui concerne la crémation, les bouddhistes considèrent que le feu sert à purifier le karma du défunt, le corps étant un résidu impur du karma. L’adieu au corps se fait en prières pour accompagner le départ de sa conscience, et la tradition veut que la famille assiste à l’embrasement : en France, il est maintenant possible, souvent, d’assister aux opérations par le biais d’une caméra vidéo, grâce à une salle vitrée ou par des jeux de glaces.

La cérémonie d’obsèques et les rituels après le décès

De manière générale, les cérémonies d’obsèques bouddhistes et les rituels qui les accompagnent varient en fonction des traditions et des écoles. Dans les pays de tradition Theravada, comme le Laos, il existe la cérémonie religieuse du « pamsukalaya » : lorsque la date des funérailles est fixée, le monastère voisin est informé et ses moines se joignent à la cérémonie familiale. La famille offre une étoffe à ces moines, le pamsukalaya, qui donne son nom à la cérémonie. Le jour des obsèques, elle est placée sur le cercueil, devant les moines. La cérémonie est marquée par les chants religieux des moines et leurs offrandes, puis un cortège mène le défunt vers le lieu de l’inhumation ou de la crémation.

Dans tous les cas, la cérémonie doit éviter les pleurs, comme lors de l’agonie : comme cette dernière, elle se veut sereine pour conditionner le bon départ du mort. Le bouddhisme considère que les bonnes actions du défunt président à sa bonne renaissance. En sa mémoire, ils effectuent donc de nombreuses offrandes.

Au Japon, lors de l’incinération, le personnel du crématorium transmet les restes non consommés du défunt à un membre de la famille à l’aide de baguettes pour qu’ils soient entreposés dans une urne funéraire. Un autre rituel veut qu’une offrande de riz soit placée près de l’autel, plantée de baguettes : elle symbolise le dernier repas du mort et explique la superstition japonaise selon laquelle planter ses baguettes dans le riz attire le mauvais œil.

En France, chaque étape du processus est ritualisée : le départ du cercueil s’accompagne d’un adieu de la famille, qui prononce des prières et des souhaits durant la crémation. La coutume veut généralement que le défunt soit habillé de vêtements traditionnels, de préférence de couleur blanche.

En Asie, la coutume veut que le cercueil soit exposé au monastère où ont lieu les rituels nécessitant les moines, et que les cendres soient ensuite conservées dans ce monastère. Ce n’est pas possible en France, où l’urne ne peut pas être gardée plus d’un an dans un lieu de culte. Mais cela laisse suffisamment de temps aux rituels post-décès : le 49e jour notamment doivent avoir lieu des rituels de vénération. Jusque-là, des rituels ont lieu tous les sept jours : le 7e, le 14e et le 21e jour sont considérés comme des dates charnières. Au Japon, les cendres sont conservées 49 jours près de l’autel familial avant d’être placées dans la tombe, occasion pour laquelle se tient une nouvelle cérémonie. Dans le cas des Vietnamiens, des rituels de vénération ont également lieu au 100e jour après le décès.

La religion bouddhiste prévoit qu’à la date anniversaire du décès, des rituels aient lieu en l’honneur du disparu. En outre, la sépulture est souvent grandiose et très décorée, voire, parfois, importée depuis le pays d’origine du défunt.


Comment agir en tant que conseiller funéraire ?

En tant que conseiller funéraire, vous devez composer avec les coutumes de la famille. Le mieux est de voir directement avec elle quels rites ils suivent. En effet, pour organiser au mieux une cérémonie d’obsèques bouddhistes, il faut avant tout connaître les rituels spécifiques à chaque école.

Retenez que la cérémonie s’organise en trois temps : domicile, funérarium, cimetière. La veille de la cérémonie, le corps est normalement exposé à domicile ou dans une chambre mortuaire ou funéraire pour une veillée.

En tant que conseiller funéraire, vous devez accompagner les familles dans l’organisation de ces rituels et tenter d’adapter les possibilités françaises à leurs croyances, notamment en ce qui concerne la crémation et la volonté de la famille d’y assister. Enfin, retenez que le deuil n’est pas l’émotion qui domine les rites funéraires bouddhistes, puisque la mort est vue comme une renaissance.

Vous devez contacter le temple représentant le courant du défunt et de sa famille. Comme les écoles et leurs pagodes sont nombreuses, le plus simple est de joindre la Grande Pagode, siège de l’Union Bouddhiste de France.

Vous pouvez aussi demander à la famille les coordonnées de leur propre Pagode.

Référez-vous au récapitulatif ci-dessous pour les éléments essentiels de l’organisation des funérailles bouddhistes.

Facebooktwitterrssby feather

Articles récents