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UNE GREFFE DE TÊTE EN 2017

En écrivant l’histoire de Victor Frankenstein, Mary Shelley ignorait que les questions éthiques posées par son personnage intégreraient un jour le débat public. À la fin de l’année, le neurochirurgien italien Sergio Canavero et le chirurgien chinois Ren Xiaoping espèrent procéder à la première greffe de tête. Leur ambition : sauver un esprit « sain » dont le corps ne serait plus en état de fonctionner. La procédure consiste à transplanter une tête sur le corps entier d’un autre patient, en état de mort cérébrale.

Des expériences menées sur des animaux

Ren Xiaoping affirme avoir déjà réussi la procédure sur des animaux, des souris principalement, mais aussi un singe. La première greffe sur une souris remonte à 2013. L’animal était parvenu à respirer seul et à remuer les moustaches à l’issue de l’opération. Après avoir créé des monstrueux rats à deux têtes et des souris bicolores, Ren Xiaoping s’est attaqué à un singe.Capture d’écran 2017-08-04 à 14.38.55

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Ce fut une semi-réussite : le singe a survécu à l’opération et n’a subi aucune lésion cérébrale, mais n’a pas récupéré ses fonctions motrices. Déjà, dans les années 1970, le Dr. Robert White avait procédé à une greffe de tête sur un singe. L’animal avait survécu plusieurs jours, mais ne pouvait pas respirer seul et était totalement paralysé.

Des candidats humains

Le premier candidat à l’opération était un Russe, Valery Spiridonov. Il souffre de la maladie de Werdning-Hoffman, une maladie dégénérative des neurones de la moelle épinière. Pour payer son opération, il s’était mis à vendre des t-shirts et des tasses à son effigie. La start-up Inventum Bioengineering Technologies avait conçu une machine de réalité virtuelle spécialement pour lui. L’idée était de l’habituer à son futur corps. Il devait être suspendu à une structure en portant un casque de réalité virtuelle. Finalement, le premier patient sera apparemment chinois. Suite à la levée de boucliers contre son projet fou, Sergio Canavero s’est déplacé en Chine pour effectuer l’opération. Son patient devrait être un Chinois paralysé d’une soixantaine d’années. Façon Frankenstein, les docteurs auraient déjà commencé les tests sur des cadavres. Ils prévoient l’opération réelle en décembre, avec une équipe de plus de cent médecins et infirmiers.

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Et l’éthique ?

Les pairs de Sergio Canavero et Ren Xiaoping n’ont pas tardé à donner une opinion sur le projet. Il y a, bien sûr, les objections scientifiques. La principale concerne les connexions nerveuses et la moelle épinière. Certains médecins affirment ainsi que même si le patient survivait à la greffe, il serait totalement paralysé, comme le singe déjà opéré. Le raccordement de ma moelle épinière du singe avait en effet échoué. Mais les deux chirurgiens n’en font qu’à leur… tête.
Les autres questions sont éthiques. Quelles seront les conséquences en cas de
réussite ? Des gens pourraient utiliser l’opération pour prolonger indéfiniment leur vie, en changeant de corps à volonté. Il y a aussi le cas de la reproduction : si un patient transplanté a des enfants, ce sera avec le corps d’un autre. On peut aussi se poser la question légitime du décès : lorsque l’ancien patient meurt, enterre-t- on la tête et le corps ensemble, ou séparément ? Cela implique aussi qu’une famille n’a, à un moment, enterré qu’une tête. Le tout ressemble à un film de science-fiction. Mais peut-être que toutes ces interrogations se poseront dès le mois de décembre. À cette date, un neurochirurgien pourrait couper la tête d’un homme pour la recoller au cou d’un autre. « Étrange est la nature de la
connaissance »…

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