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6 HOMMAGES À UN DÉFUNT TIRÉS DE L’HISTOIRE, POUR L’INSPI !

Rendre un dernier hommage à un défunt n’est pas toujours facile. Les familles et les professionnels n’ont souvent que leur imagination ou leur inspiration du moment. Alors on vous propose plusieurs hommages tirés de l’histoire pour l’inspiration !

Hommage d’un chef à un membre de son équipe, hommage à une épouse, hommage à un ami, hommage à sa patronne, hommage à un collègue, hommage à un adversaire : plusieurs exemples où piocher afin d’être paré pour toutes les situations.

Hommage du chef à son équipe : Périclès et les soldats athéniens morts

 

On le sait, les chefs sont parfois ingrats. Mais le plus souvent, ils savent reconnaître les mérites et les compétences de leurs équipes. On vous offre un exemple tiré de l’Histoire Antique.

 

Périclès est un célèbre personnage de l’Antiquité. Il a quasiment inventé la démocratie à Athènes au Vème siècle av. J.-C., combattu tout un tas de peuples en Mer Méditerranée et fait construire le temple du Parthénon, toujours debout dans la ville moderne d’Athènes. En clair, il était plutôt bon dans son business. Mais il a rencontré une petite difficulté sur sa route : les spartiates. Il y a eu des pertes. De braves athéniens ont brutalement passé l’arme à gauche. Il a sûrement regretté un peu et tenu à rendre un dernier hommage aux valeureux guerriers. Ses mots ont traversé les siècles jusqu’à nous :

 

« Au moment d ‘agir et à la vue du danger, ils ne mettaient de confiance qu’en eux-mêmes. Ils ont mieux aimé chercher leur salut dans la défaite de l’ennemi et dans la mort même que dans un lâche abandon ; ainsi ils ont échappé au déshonneur et risqué leur vie. Par le hasard d’un instant, c’est au plus fort de la gloire et non de la peur qu’ils nous ont quittés. »

Hommage 300

Hommage à  une épouse… version Rome Antique

 

Les relations de couple, ce sont des hauts et des bas mais aussi des bonheurs, petits et grands. On vous propose ici le discours d’hommage d’un mari de la Rome Antique à son épouse bien-aimée pour vous donner de l’inspiration.

 

À l’époque de la Rome Antique, les femmes riches avaient beaucoup de devoirs… et pas tellement de droits. Les hommages lors d’obsèques étaient plutôt rares. Pourtant, au premier siècle avant J.-C., à Rome, une dame qui s’appelait Turia a reçu un hommage de son mari lors de ses obsèques. En effet, alors qu’il était loin de Rome, des cousins éloignés qui voulaient récupérer l’héritage des parents de Turia les ont liquidés à coups de couteaux. Ils ont mis la pression, mais en femme forte qu’elle était, elle n’a rien lâché. Un extrait de l’hommage du mari de Turia :

 

« Ils sont rares de nos jours les mariages d’une aussi longue durée que le nôtre, dont la mort seule a terminé le cours, et qui n’ont point été dissous par le divorce ! Nous avons prolongé notre union jusqu’à sa quarante et unième année, sans le moindre nuage entre nous. Plût aux dieux que mon destin eût seul mis fin à ce bonheur, consacré par le temps. »

Hommage Turia

Hommage à un ami disparu : la chanson de Roland

 

Perdre un ami et camarade dans la fleur de l’âge est une épreuve particulière. C’était pourtant monnaie courante au Moyen-Age où les guerres faisaient rage et où le vrai courage était de mourir l’épée à la main. On vous propose un exemple d’hommage à un ami sous la forme d’un poème.

 

Roland était un lieutenant de Charlemagne. Ils ont ravagé l’ensemble de l’Europe avec leurs autres copains. Charlemagne et ses amis, mieux vaut ne pas les inviter : ils débarquent en équipe avec 30 000 cavaliers lourds. Forcément, Charlemagne, Roland et tous leurs amis se sont fait quelques ennemis. Alors que l’armée de Charlemagne revenait de l’Espagne après avoir brûlé Barcelone, l’arrière-garde que commande Roland est attaquée par surprise et il se prend une flèche en plein cœur. Hommage de Charlemagne :

 

« Roland est vaillant et Olivier est sage :

Tous deux sont de merveilleux vassaux.

Une fois sur leurs chevaux et en armes,

Jamais, dussent ils mourir, ils n’esquiveront la bataille.

Les comtes sont braves et leurs paroles fières.

Les païens félons, furieusement, chevauchent.

Olivier dit : « Roland, en voici quelques-uns ! […]

Roland répond : « Ne dites pas ces folies !

Maudit le cœur qui dans la poitrine prend peur !

Nous tiendrons ferme ici sur place :

Nous porterons les coups et ferons la mêlée. »

Hommage Roland

Hommage à sa patronne : la princesse Henriette d’Angleterre

 

Rendre hommage à un ancien patron ou une ancienne patronne est un exercice délicat. Comment trouver les mots ? On a choisi de vous proposer un chef d’œuvre du genre par un maître de l’Ancien Régime pour une princesse franco-anglaise.

 

Pour résumer, Henriette, épouse de Monsieur, Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, dite Madame, dite également « d’Angleterre » (son père était Charles 1er d’Angleterre) est morte dans des circonstances assez bizarres en 1670. On choisit le bonhomme chargé de lui rendre hommage : Jacques-Bénigne Bossuet. L’homme est jésuite, évêque de Meaux, et grand spécialiste des oraisons funèbres qui envoient du lourd. Il est désigné pour écrire et prononcer l’oraison funèbre de Madame à la basilique Saint-Denis au cours d’une pompe funèbre exceptionnelle le 21 août 1670. Et en effet, ça envoie du lourd :

 

« J’étais donc encore destiné à rendre ce devoir funèbre à très haute et très puissante princesse Henriette-Anne d’Angleterre, duchesse d’Orléans. Elle, que j’avais vue si attentive pendant que je rendais le même devoir à la reine sa mère, devait être si tôt après le sujet d’un discours semblable, et ma triste voix était réservée à ce déplorable ministère. Ô vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées ! L’eût-elle cru, il y a dix mois ? […] Princesse, le digne objet de l’admiration de deux grands royaumes, n’était-ce pas assez que l’Angleterre pleurât votre absence, sans être encore réduite à pleurer votre mort ? »

Hommage Henriette d'Angleterre

Hommage à un collègue : l’oraison de Victor Hugo à Honoré de Balzac

 

Dire un mot pour les obsèques d’un collègue est toujours une épreuve. On a trouvé un exemple d’oraison funèbre écrit par un des plus grands écrivains français du XIXème siècle pour un de ses collègues.

 

Victor Hugo, vous connaissez ? Honoré de Balzac, vous connaissez ? Dans l’extrait qui suit, le premier, écrivain, rend hommage au second, écrivain également, en 1850, après la mort de Balzac dans un luxueux palais de la rue Fortunée, à Paris. Il habitait là avec une comtesse ukrainienne courtisée pendant 17 ans… pour sa fortune. Personne n’est parfait, mais heureusement, les collègues sont là :

 

« M. de Balzac était un des premiers parmi les plus grands, un des plus hauts parmi les meilleurs. Ce n’est pas le lieu de dire ici tout ce qu’était cette splendide et souveraine intelligence. Tous ses livres ne forment qu’un livre, livre vivant, lumineux, profond, où l’on voit aller et venir et marcher et se mouvoir, avec je ne sais quoi d’effaré et de terrible mêlé au réel, toute notre civilisation contemporaine ; livre merveilleux que le poète a intitulé comédie et qu’il aurait pu intituler histoire, qui prend toutes les formes et tous les styles, qui dépasse Tacite et qui va jusqu’à Suétone, qui traverse Beaumarchais et qui va jusqu’à Rabelais »

Hommage Balzac

Hommage à un adversaire : le discours de Jacques Chirac pour la mort de François Mitterrand

La frontière est mince entre un frère et un adversaire : comment ne pas respecter une femme ou un homme avec qui vous avez entretenu une rivalité pendant des années ? Le cas ne se présente pas si souvent, mais le plus bel hommage à recevoir lors de ses obsèques est celui d’un ancien adversaire.

 

À la mort de François Mitterrand, Président de la République de 1981 à 1995, son successeur de 1995 à 2007, Jacques Chirac, a prononcé un discours d’hommage. Les deux hommes politiques étaient de sacrés roublards et n’ont pas manqué de se mettre des coups. Le 28 avril 1988, ils ont rassemblé 30 millions de téléspectateurs lors d’un débat télévisé mémorable. Jacques Chirac, bon prince, trouve pourtant les mots pour saluer l’ancien Président :

 

« Mais François Mitterrand, c’est d’abord et avant tout, je crois, une vie. Certaines existences sont paisibles, et égrènent des jours semblables, parsemés d’événements privés. Le Président Mitterrand, au contraire, donne le sentiment d’avoir débordé sa propre vie. Il a épousé son siècle. […] Ma situation est singulière, car j’ai été l’adversaire du Président François Mitterrand. Mais j’ai été aussi son Premier ministre, et je suis, aujourd’hui, son successeur. Tout cela tisse un lien particulier, où il entre du respect pour l’homme d’Etat et de l’admiration pour l’homme privé qui s’est battu contre la maladie avec un courage remarquable ».

Hommage ChiracHommage Mitterrand

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